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Les mensonges de Locke Lamora [Critique]

8 avril 2010

 

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous livrer une critique sur mon grand coup de coeur de l’année publié chez Bragelonne, le livre amorçant la septologie remarquable des Salauds Gentilshommes, j’ai nommé Les Mensonges de Locke Lamora! Maintenant, on aime ou on aime pas mais vous laisser tenter par l’oeuvre de cette nouvelle voix de la Fantasy ne devrait pas vous faire regretter votre choix!

Quatrième de couverture

On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire… Entre Oliver Twist, Il était une fois en Amérique et Arsène Lupin, les aventures d’un audacieux criminel et de sa bande de fripouilles ! 

Critique

A la sortie de son tout premier roman, Scott Lynch n’a que 26 ans. Saluée par la presse, son oeuvre a déjà vu ses droits rachetés  par la Warner Bross en vu d’une adaptation cinématographique. En attendant, je peux vous assurer que « Jamais entendu parlé » est une réponse assez fréquente au sein de mon entourage. Remédions-y! Le cadre dans lequel se déroule l’ensemble de l’intrigue est Camorr, cité-état indépendante dirigée par le Duc Nicovante. Elle se compose de petites îles correspondants aux quartiers, reliées entre elles par des ponts et des passes-chats enjambant des canaux. Venise avez-vous dit? C’est bien là le modèle dont s’inspire la ville.

Si Camorr est un lieu où il fait bon vivre pour les nobles et où prospèrent les entreprises-comptables, les bandes de brigands organisées trouvent aussi leur royaume dans les bas-fonds. Ces bandes sont extrèmement nombreuses et dépendent chacune d’un garrista (chef), lequel doit obéissance au Capa de la ville. Afin d’éviter le chaos, un accord à été passé entre le Capa des voleurs et le Duc. Il s’agit de la Paix Secrète. Locke Lamora est le garrista des Salauds Gentilshommes, une bande parmi d’autres qui possède un code de l’honneur, ce qui la différencie des autres. Lui, Jean Tannen et les jumeaux Calo et Galdo Sanza se connaissent depuis l’enfance. Ils ont été formé par le père Chains, prêtre de l’ordre du Treizième, dieu des voleurs Innommé au panthéon, le Gardien Véreux. L’éducation dont ils bénéficièrent fut tant axée sur la linguistique, la théologique,  l’art culinnaire, l’art de voler que les manières. Pour oeuvrer en société, il faut parfois savoir arborer un visage d’excellence.

D’une frêle constitution, mauvais en combat rapproché, Locke est fort heureusement un talentueux menteur de première. Tout au long du livre, on suit ses arnaques, des mensonges, ses déboires, ses affaires avec un pur délice! Le rythme du roman est dynamique, s’il ont sait apprécier les interludes revenant fréquemment sur les épisodes de son enfance. Certains se plaindrons peut être de ces analepses mais contrairement à d’autres romans, les informations à priori détachées du fil de l’histoire servent toujours la compréhension de l’intrigue. Pour moi, ce parti pris est donc nullement gênant car la manière dont la narration est agencée ne laisse pas le temps au lecteur de se reprendre. Le style de Lynch est savoureux. C’est la première fois que je lis un roman avec autant de gouaille et d’humour! Là je peux vous le dire, j’ai franchement pris mon pied! Les descriptions ne sont jamais de trop et apportent leur dose d’immersion, les personnages sont TOUS attachants, ce qui est rare! Des fripons Sanza, à Jean Tannen le gros bras au grand coeur, en passant par le jeune intrépide Moucheron de douze ans, les Salauds Gentilshommes sont  des fripouilles qui volent par la persuasion et le déguisement et qui n’assassinent jamais gratuitement. Enfin, ce sont des salauds quand même! Locke, loin d’être décrit comme un belâtre, ne s’avère plein de charme que part ses actes et son comportement. Le Capa, sa famille et même les nobles qui se font escroquer ont une personnalité  interessante!  

Lynch n’épargne pas non plus ses personnages. En résultats aux actes du méfait qui-porte-un-nom-que-je-ne-vous-dirai-pas oeuvrant dans les bas-quartiers du Capa, les Salauds Gentilshommes vont perdre des plumes, beaucoup de plumes! Bref, que dire pour achever ce pavé de 786 mots d’emballement frénétique? Une intrigue rebondissante, des complots, de l’alchimie noire, des voleurs, des artistos, de la gouaille, un monde bien ficelé et de la piraterie en perspective, le  tout rassemblé en 550 pages de jouissance que j’attendais désespérément depuis des années! Sans doute le meilleur roman de fantasy que j’ai jamais lu.

Parus et à paraître

Les Mensonges de Locke Lamora, 2007

Des horizons rouge sang, 2008

La République des voleurs, 2010

Le trône d’Emberlain (à paraître)

The Ministry of Necessity (à paraître)  

The Mage and the Master Spy (à paraître)

Inherit the Night (à paraître)

Pour finir, si vous êtes encore là, je vous offre en bonus une interview de Scott Lynch. Un jeune homme sympathique aux longs cheveux couleur des blés et à la bonne bouille.

Lumi’

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5 commentaires leave one →
  1. 13 avril 2010 21 h 16 min

    Eh bien, oui je ne connaissais, mais à lire à ta critique j’ai … très envie de le lire en effet, car ça a l’air d’être un livre très intéressant, original et plein d’humour!
    Merci pour cette publication qui suscite très fortement mon intérêt!
    Les gens que diable! Remuez-vous et lisez les bonnes critiques de mon bon Sweeney!
    Bisous ma belle!

  2. lumillule permalink*
    13 avril 2010 21 h 21 min

    Merci beaucoup ma choupette, c’est touchant et…motivant! Je te le passes, c’est décidé!
    Merci encore de me lire!

    Je t’embrasse fort!

  3. 14 avril 2010 12 h 12 min

    Bonjour Lumillule, et merci d’être passée sur Culture’s Pub. Effectivement, la saga des Salauds Gentilhommes, c’est vraiment de la très bonne fantaisie, y a pas à dire. Bon, ça commence à faire un moment que j’attends Republic of Thieves mais contrairement à certains, Lynch a l’amabilité de nous laisser sur de vraies fins, si bien que s’il ne pouvait/voulait pas finir sa série, ce ne serait pas très grave. Ce serait vraiment dommage… mais pas grave.
    Un autre auteur que j’aime beaucoup (passionnément) est Neil Gaiman, je ne sais pas si tu connais : ce n’est pas de la fantaisie, mais c’est souvent entre le merveilleux et le fantastique, sombre, intelligent et drôle. Parfaitement brillant. Je te recommande tout particulièrement American Gods : si tu connais, j’aimerais bien avoir ton avis, sinon, j’espère réussir à te faire découvrir quelque chose !

  4. lumillule permalink*
    14 avril 2010 22 h 04 min

    Héhey!
    Salutations et merci également d’avoir visité mon petit blog! Je plussoie tout à fait en ce qui concerne les fins mais je dirais que c’est carrément sa manière entière de construire ses romans qui est juste parfaite. Le rythme des évènements, que ce soit des péripéties ou des discussions, est fait pour nous entrainer sans nous laisser de répit dans l’intérêt et l’excitation de poursuivre notre lecture! On vit vraiment tout ce qui se déroule, jusqu’à pouvoir visualiser les scènes comme dans un film!

    Je suis loin d’avoir tout dit dans cette petite critique là mais il y a aussi quelqu’un qui est bien fort dans tout ça et dont il faut souligner le talent, c’est le traducteur Karim Chergui!

    Sinon, je ne connais pas ce cher Neil Gaiman mais je brûle d’envie de remédier à cette lacune, vu ce que tu me dis de son univers! Je te remercie de m’avoir indiqué son livre et je prends toute bonne recommandation avec ardeur!
    Si j’ai, moi aussi, quelques ouvrages suceptibles de titiller ta curiosité, je ne manquerai pas de te les indiquer!

    Bisous à toi!

  5. 15 mai 2010 19 h 54 min

    J’aime bien le côté « les gentils voyous ». Ce n’est pas ce qu’il y a de plus original, mais ça donne des personnages plutôt sympas en général.

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