Skip to content

La République de Libertalia: entre utopie et réalité

14 janvier 2011

Bien le bonjour !

Aujourd’hui, j’ai décidé de revenir à un sujet relatif à la flibuste, qui alimente la controverse. Il s’agit de « Libertalia », mythe pour certain, réalité historique pour d’autres. Libertalia est le nom d’une communauté pirate qui aurait été fondée au XVIIe siècle sur la côte nord de Madagascar. Durant vingt-cinq ans, elle aurait perduré en développant sa propre éthique. Son histoire est relatée pour la première fois en 1724 dans l’Histoire générale des plus fameux pyrates du capitaine Charles Johnson, probablement Daniel Defoe, auteur de Robinson Crusoé.

Plus qu’une simple colonie, il s’agirait d’une véritable république utopiste ayant pour devise « Pour Dieu et la liberté ». Les écrits de Johnson indiquent qu’elle aurait été fondée sous Louis XIV par deux hommes, Olivier Misson et le dénommé Carracioli. Le premier, ex-officier de la marine française, cultivé et provençal, finit par s’illustrer en tant que pirate redoutable à bord de son navire « La Victoire ». Le second était un prêtre italien débauché et mystificateur. Bien que l’on puisse remettre en doute leur existence commune, celle d’un troisième acteur ayant participé à la création de Libertalia apparaît référencé dans les archives de la Marine britannique. Il s’agit de Thomas Tew, le Pirate de Rhode Island, ancien corsaire anglais dont la vie d’exaction s’est achevée en 1695.

Libertalia est une utopie politique, sociale et philosophique. Son idéologie repose sur le principe de la société idéale. Indépendante et retirée des lois imposées par les monarques, cette république s’affirme comme précurseur du Fouriérisme au XIXe siècle ou des collectivités agraires d’Aragon en 1936. Ainsi Misson disait : « Notre cause est une cause noble, courageuse, juste et limpide : c’est la cause de la liberté. Je vous conseille comme emblème un drapeau blanc portant le mot « Liberté », ou si vous la préférez, cette devise : « Pour Dieu et la liberté ». Ce drapeau sera l’emblème de notre infaillible résolution. Les hommes qui sauront prêter une oreille attentive aux cris de : « Liberté, liberté, liberté » en seront les citoyens d’honneur. »

Cependant, si on admet que Libertalia n’est qu’un mythe, ne serait-elle pas une sorte de métaphore créée par Johnson, alias Defoe, au service d’une thèse égalitaire donnant l’exemple d’une société libertaire?

Je ne suis surement pas en mesure de répondre aujourd’hui à cette interrogation. Mais je vous laisse le soin d’en débattre.

A la r’voyure !

Advertisements
2 commentaires leave one →
  1. Marvin permalink
    17 janvier 2011 9 h 48 min

    N’est-ce pas dangereux ? Comme chez Bradburry, la plupart des utopies prouvent que leur puissance n’a d’égale que leur lamentable échec….

  2. lumillule permalink*
    18 janvier 2011 13 h 25 min

    Un échec, peut être. Mais ce qu’il a de fascinant à étudier les utopies, c’est qu’elles ont été pensées par des hommes qui rêvaient de changer les choses. A leur façon, certes, et parfois avec une pointe de surréalisme. Cependant, elles ont pu influencer, pour certaines, des concepts bien présents en notre société.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :