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« …or, de toute l’espèce humaine, seul Edward Hyde était le mal à l’état pur. » -Henry Jekyll-

27 juillet 2010

« Et maintenant, venons-en au reste. Désirez-vous apprendre quelque chose ? Voulez-vous être éclairé ? Ou bien allez-vous me laisser emporter ce verre avec moi et quitter votre maison sans autre commentaire? A moins que le démon de la curiosité n’ait trop d’empire sur vous? Réfléchissez bien avant de répondre, car il en sera fait selon votre volonté. Selon votre volonté, ou bien vous resterez comme avant, ni plus riche ni plus sage, ou bien, si telle est votre préférence,  un nouveau domaine du savoir, de nouvelles voies conduisant à la puissance et à la renommée s’ouvriront à vous, ici, dans cette pièce, à l’instant même, et votre regard sera ébloui par un prodige capable d’ébranler l’incrédulité de Satan.

_ Monsieur, lui dis-je, en affectant un sang-froid que j’étais loin de posséder en réalité, vous  parlez par énigmes, et vous ne serez sans doute pas surpris si je vous écoute avec un certain scepticisme. Pourtant je suis allé trop loin sur la voie des services incompréhensibles pour m’arrêter en si bon chemin.

_ Parfait, répondit mon visiteur. Lanyon, vous vous rappelez votre serment: ce qui va suivre relève du secret de notre profession. Et maintenant, vous qui depuis si longtemps avez l’esprit borné par les vues les plus étroites et les plus matérialistes, vous qui avez nié les vertus de la médecine transcendantale, vous qui avez tourné vos maîtres en dérision… Ouvrez vos yeux ! »

Extrait d’une discussion entre Mr Hyde et le docteur Lanyon, L’Etrange cas du docteur Jekyll et de Mr Hyde, Robert Louis Stevenson, 1886

Corsaires 1604, hommage.

22 juillet 2010

Bien le bonsoir!

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de ce qui peuple une partie de mon quotidien de personne sociable, très demandée, vivant à 100 à l’heure ( Vous sentez une pointe d’ironie dans ces paroles? Diable non, je ne comprends pas ce que vous voulez dire!), un jeu nommé Corsaires 1604. Haha, mais vu comme la situation est houleuse sur les forums, me diront certains joueurs, tu vas ragasser pour la 525ème fois en disant que les bons rôlistes partent, que tu n’as plus grand monde avec qui faire du roleplay tant tu es exigeante! Et bien non! Je voulais juste adresser un petit hommage à l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur jeu de piraterie en php du net! (et faire un coup de pub, accessoirement.)

Corsaires 1604 se déroule sur la mer des Caraïbes, en 1604. Mais comme quelques années ont passé depuis son ouverture sur les serveurs, nous sommes maintenant en l’an de grâce 1610, soit un peu plus deux mois après la mort de ce bon vieux Roy Henri de France et de Navarre. L’Espagne, la France, l’Angleterre et la Hollande sont alors de grandes puissances qui implantent sur les îles exotiques des ports, des colonies de moyenne échelle et de grandes villes. Seulement, une gangrène bien réputée gâte leurs beaux rêves de gloire, de conquête et de pouvoir. Une gangrène nommée pirates, forbans, boucaniers qui coulent et pillent de beaux galions nationalistes, détruisent des forteresses, engrossent des filles de gouverneurs et lèvent haut le Pavillon Noir sur les cités conquises. Ces hommes et ces femmes, dont les têtes sont mises à prix, ont pour idéal le carnage, la richesse ou la liberté (les trois vont aussi de pair).

Pour ma part, ma brave petite mulâtre qui avait prit le large à bord d’un navire aux couleurs de l’Espagne, a vite vu ses lettres de marques brûlées par un grand capitaine pirate répondant au sobriquet de Renard. Cela fait un an et demi qu’elle arbore fièrement le Jolly Roger et a connu, elle ses compagnons parfois insolites, de belles batailles. Ah, vous allez me dire, mais tout ça n’a rien d’original. Mais nous avons été, et nous serons toujours un peu, je l’espère, une communauté grâce à qui j’ai pu vivre et avec qui, je vivrai encore sans doute, de belles histoires et des moments magiques d’immersion. Au delà des frontières du jeu, je voudrais donc remercier Manu (Dragan), David (le Vénitien), Serge (Lafleur), mes vieilles crapules de briscards, et autres membres de la Horde Noire (sans oublier le créateur du jdr historique)!

A vous, tendres vermines, et comme dirait Le Vénitien, je vous aime, que Dionysos bénisse vos os!

Et pour vous autres, mes chéris, un petit extrait gratuit:

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Sur le mur d’un bouge, dans une ruelle insalubre d’un port de passage, une affiche fut déchirée. Les trois morceaux vinrent s’échouer dans une flaque et l’encre qui révélait une liste de noms se délaya dans la boue.
Couvert d’une cape de lin grise, capuchon rabattu sur le visage, l’individu avançait d’un pas hagard, ses bottes crottées foulant le sol de terre humide.
Soudainement prit d’un vertige, il tituba jusqu’à une masure en ruine contre laquelle il s’appuya. Plongeant la main dans une de ses poches intérieures, il en ressorti un flacon remplit d’un liquide ambré qu’il déboucha avant d’en avaler le contenu à grandes gorgées.

La chaleur éthylique, si grisante, l’envahit. Poussant un soupir d’aise, il ferma les yeux et sombra dans quelques pensées lointaines.
Les Chevaliers de la Plume Noire. Des flibustiers réunis en une confrérie qui avait toujours promue la liberté dans ses actes, de la réquisition de bâtiments jusqu’à la prise de villes ou de colonies.
Au côté des Piastreux, des Boucaniers Caribéens ou de la Orda Rossa, ils avaient érigés en pleine mer une muraille mouvante et meurtrière, aux couleurs du Jolly Roger. Cauchemar ou défit réel pour les nationalistes de tout poil, elle répondait aux nom de Horde Noire.

_ Capitaine? Capitaine, où êtes-vous?

Il sursauta et guetta, paupières à moitié ouvertes et sourcils levés. Il resta figé, espérant être suffisamment dissimulé qu’on ne le voit pas. Aussi, quand les pas se rapprochèrent et que le jeune homme qui l’interpellait fut a quelques centimètres de lui, les bras croisés, il préféra s’entêter.

_ Nan! Il n’y a plus de capitaine! Juste du rhum et…des souvenirs…

L’autre soupira et, d’un geste rapide, lui arracha son flacon.

_ Héééé! C’est à moi! Rends-le!

_ Non Lucila! Je n’en peux plus de te voir dans cet état. Si tu continues, tu vas te perdre définitivement.

Il s’approcha et ôta le capuchon qui couvrait la tête d’une femme aux longs cheveux noirs en pagaille et au visage mat boudeur, dont les traits tirés et le regard embrumé révélaient un épuisement profond.
Elle restait belle à regarder mais faisait désormais pitié et sa jeunesse se consumait dans son abandon.

_ Bah, et alors? Qui s’en souciera? La Plume s’est disloquée, Dragan est peut être mort à l’heure qu’il est, nous sommes déchus de notre grandeur et maintenant recherchés… Même de vulgaires pirates ne voudraient plus d’nous! Si on ne finit pas au bout d’une corde, on sera justes bons à… servir la basse truandaille dont on s’marrait bien quand on paradait en Ducs de la Flibuste avec nos bons idéaux à la con…

Elle fit un pas vers son subordonné et manqua de s’écrouler. Il la rattrapa et la serra contre lui tout en la berçant. Elle poussa un gémissement, se laissant aller.

_ Jasper… Pourquoi ne m’as-tu pas délaissée, comme les autres?

_ Parce que ce ne sont pas les piastres qui m’intéressent. Il ne faut pas que tu perdes espoir, Lucila. Nous allons réparer la tartane et rallier un repaire. Nous y trouveront sans doute de vieux amis. Nous sommes tous dans la même situation mais nous sommes de gens de bien et nous nous relèverons. Moi, je reste ton second dévoué, quoiqu’il arrive.

La jeune fille releva les yeux et l’observa. Même dans une telle situation, il gardait un optimisme inébranlable. Il lui adressa un sourire charmeur mêlé de bienveillance, auquel elle répondit, plus apaisée et reconnaissante.

_ Non, on ne finira pas au bout d’une corde. Il ne nous attraperons jamais! Partons d’ici, mettons les voiles une dernière fois au nom de la liberté.

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Bonne soirée!

Lumi’

Petit Papa Noël, la parodie de saison!

21 juillet 2010

C’est une belle nuit pour Noël

Qui va étendre son manteau blanc

Et planqués avec une truelle

A genoux les petits enfants

Avant de le mettre en bière

Font une dernière prière


Petit papa Noël

Quand tu m’f’ras grimper au ciel

Avec ton jouet familier

N’oublies pas de prendre tes cachets (bleus)


Mais avant de partir,

Il n’faudra pas trop rugir

Dehors, ça va jaser, crois-moi

Et franch’ment, ne comptes pas trop sur moi.


Il me tarde tant que la nuit se lève

Pour voir comment tu vas maîtriser

Ton si beau joujou

Qui me pile sans trêve

Le conduit de cheminée


Petit papa Noël

Quand tu m’f’ras grimper au ciel

Avec ton jouet familier

N’oublies pas de prendre tes cachets (bleus)


Le marchand de sable y est passé

Les enfants ont mal au dos

Et tu vas pouvoir confirmer

Comme tu es hot, mon jojo

Au son dance-floor qui attise

Ton excitation pas très exquise


Petit papa Noël

Quand tu m’f’ras grimper au ciel

Avec ton jouet familier

N’oublies pas de prendre tes cachets (bleus)


Voilà, maintenant, vous savez toute la vérité et rien que la vérité sur la chanson de Raymond Vincy! De quoi apporter un peu fraîcheur à vos cocktails de l’été!


Les mensonges de Locke Lamora [Critique]

8 avril 2010

 

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous livrer une critique sur mon grand coup de coeur de l’année publié chez Bragelonne, le livre amorçant la septologie remarquable des Salauds Gentilshommes, j’ai nommé Les Mensonges de Locke Lamora! Maintenant, on aime ou on aime pas mais vous laisser tenter par l’oeuvre de cette nouvelle voix de la Fantasy ne devrait pas vous faire regretter votre choix!

Quatrième de couverture

On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire… Entre Oliver Twist, Il était une fois en Amérique et Arsène Lupin, les aventures d’un audacieux criminel et de sa bande de fripouilles ! 

Critique

A la sortie de son tout premier roman, Scott Lynch n’a que 26 ans. Saluée par la presse, son oeuvre a déjà vu ses droits rachetés  par la Warner Bross en vu d’une adaptation cinématographique. En attendant, je peux vous assurer que « Jamais entendu parlé » est une réponse assez fréquente au sein de mon entourage. Remédions-y! Le cadre dans lequel se déroule l’ensemble de l’intrigue est Camorr, cité-état indépendante dirigée par le Duc Nicovante. Elle se compose de petites îles correspondants aux quartiers, reliées entre elles par des ponts et des passes-chats enjambant des canaux. Venise avez-vous dit? C’est bien là le modèle dont s’inspire la ville.

Si Camorr est un lieu où il fait bon vivre pour les nobles et où prospèrent les entreprises-comptables, les bandes de brigands organisées trouvent aussi leur royaume dans les bas-fonds. Ces bandes sont extrèmement nombreuses et dépendent chacune d’un garrista (chef), lequel doit obéissance au Capa de la ville. Afin d’éviter le chaos, un accord à été passé entre le Capa des voleurs et le Duc. Il s’agit de la Paix Secrète. Locke Lamora est le garrista des Salauds Gentilshommes, une bande parmi d’autres qui possède un code de l’honneur, ce qui la différencie des autres. Lui, Jean Tannen et les jumeaux Calo et Galdo Sanza se connaissent depuis l’enfance. Ils ont été formé par le père Chains, prêtre de l’ordre du Treizième, dieu des voleurs Innommé au panthéon, le Gardien Véreux. L’éducation dont ils bénéficièrent fut tant axée sur la linguistique, la théologique,  l’art culinnaire, l’art de voler que les manières. Pour oeuvrer en société, il faut parfois savoir arborer un visage d’excellence.

D’une frêle constitution, mauvais en combat rapproché, Locke est fort heureusement un talentueux menteur de première. Tout au long du livre, on suit ses arnaques, des mensonges, ses déboires, ses affaires avec un pur délice! Le rythme du roman est dynamique, s’il ont sait apprécier les interludes revenant fréquemment sur les épisodes de son enfance. Certains se plaindrons peut être de ces analepses mais contrairement à d’autres romans, les informations à priori détachées du fil de l’histoire servent toujours la compréhension de l’intrigue. Pour moi, ce parti pris est donc nullement gênant car la manière dont la narration est agencée ne laisse pas le temps au lecteur de se reprendre. Le style de Lynch est savoureux. C’est la première fois que je lis un roman avec autant de gouaille et d’humour! Là je peux vous le dire, j’ai franchement pris mon pied! Les descriptions ne sont jamais de trop et apportent leur dose d’immersion, les personnages sont TOUS attachants, ce qui est rare! Des fripons Sanza, à Jean Tannen le gros bras au grand coeur, en passant par le jeune intrépide Moucheron de douze ans, les Salauds Gentilshommes sont  des fripouilles qui volent par la persuasion et le déguisement et qui n’assassinent jamais gratuitement. Enfin, ce sont des salauds quand même! Locke, loin d’être décrit comme un belâtre, ne s’avère plein de charme que part ses actes et son comportement. Le Capa, sa famille et même les nobles qui se font escroquer ont une personnalité  interessante!  

Lynch n’épargne pas non plus ses personnages. En résultats aux actes du méfait qui-porte-un-nom-que-je-ne-vous-dirai-pas oeuvrant dans les bas-quartiers du Capa, les Salauds Gentilshommes vont perdre des plumes, beaucoup de plumes! Bref, que dire pour achever ce pavé de 786 mots d’emballement frénétique? Une intrigue rebondissante, des complots, de l’alchimie noire, des voleurs, des artistos, de la gouaille, un monde bien ficelé et de la piraterie en perspective, le  tout rassemblé en 550 pages de jouissance que j’attendais désespérément depuis des années! Sans doute le meilleur roman de fantasy que j’ai jamais lu.

Parus et à paraître

Les Mensonges de Locke Lamora, 2007

Des horizons rouge sang, 2008

La République des voleurs, 2010

Le trône d’Emberlain (à paraître)

The Ministry of Necessity (à paraître)  

The Mage and the Master Spy (à paraître)

Inherit the Night (à paraître)

Pour finir, si vous êtes encore là, je vous offre en bonus une interview de Scott Lynch. Un jeune homme sympathique aux longs cheveux couleur des blés et à la bonne bouille.

Lumi’

Comme une petite similarité? [Danny Shaw- Russell Elfman]

7 avril 2010

Bonsoir mes chéris!

Voici un petit jeu auquel je vous propose de vous adonner un instant! Faire ce test me trottinait dans la tête depuis un bon petit moment déjà et quand j’ai réussi à caler les deux morceaux, je peux vous assurer que la découverte fut au-delà de mes espérances. Alors certes, il faut avoir joué à Fable 2 pour cela, ou du moins avoir prêté une grande attentions aux musiques. Il faut aussi avoir vu Sleepy Hollow, tant qu’à faire.

Comme nous le savons tous, c’est Danny Elfman qui a composé la musique d’une très grande majorité des films de Tim Burton. Sleepy Hollow n’échappe pas à cette règle. Fable et Fable II se voient confié leur bande son à un partenariat entre Russell Shaw et…Danny Elfman. Ainsi, il est fort possible que ceux qui ont connu le niveau des Marégores (Wraithmarsh en anglais) en jouant à Fable II aient pu trouver quelques similitudes à l’un des thèmes de La légende du Cavalier Sans Tête. 

Voici les deux pistes. Vous aller commencer par caler la première (Sleepy Hollow) à 0:04 et celle de Fable II à 3:21. Puis, vous lancerez en premier celle de Sleepy Hollow et immédiatement après, celle de Fable II. Si je ne me trompe pas, l’effet devrait opérer. Oh bien sûr, les deux thèmes ne sont pas identiques mais les chant s’élèvent presque de la même manière et les demi-silences se coordonnent quasiment.

Alors? Pas mal hein? héhé

Lumi’

Alice in Wonderland by Burton -Critique-

28 mars 2010

Bonjour à vous,

Je reviens aujourd’hui afin d’émettre une critique personnelle au sujet d’un film dont j’avais commencé à peindre le portrait il y a de cela un an. Il s’agit du fameux Alice au Pays des Merveilles réalisé par Tim Burton. Comment ça, vous n’en avez pas entendu parler à la télé, à la radio, dans les magazines cinéma jusqu’au moindre  petit journal gratuit (supplément de Sud-Ouest Dimanche, par exemple. Vous avez le droit d’avoir peur si je vous précise que le supplément en question porte le doux nom de « Fémina »)?  Alors vous vivez dans une grotte.

Avant que je n’aille de moi-même constater au cinéma si cette version d’Alice marquée de l’empreinte de mon réalisateur favori valait le coup, j’ai eu le temps de m’effrayer au moins deux cent fois en entendant des noms comme Avril Lavigne ou Tokio Hotel figurant dans l’OST. Ceci dit, le tout était le rester objectif. Déjà, il faut savoir que ce n’est pas une adaptation de l’oeuvre de Lewis Carroll, Burton ayant affirmé que celle-ci ne l’avait jamais réellement séduit, ni une reprise du dessin animé de  Walt Disney ayant marqué notre enfance.

Il s’agit bien là d’une suite personnelle et imaginée. Alice n’est plus une petite fille mais une demoiselle de 19 ans au caractère bien affirmé, refusant de se soumettre aux exigences étriquées de la société Victorienne de son temps. Son dernier passage au Pays des Merveille ne lui a laissé aucun souvenir si ce n’est la certitude d’un cauchemar d’enfance. Elle retrouve le Lapin blanc, le lièvre de mars, le Chapelier fou,  les jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum, le chien Bayard, la Chenille et le Chat du Cheshire. Persuadée de ne pas être « la bonne Alice », elle se verra pourtant endossé la responsabilité de mettre un terme au règne de terreur imposé par la Reine Rouge en tuant notamment son monstre, le Jabberwocky.

Ce résumé peut prêter à sourire. Très conventionnel, « Disneyien », n’est-ce pas? Il est vrai que pour la réalisation de ce film, Tim Burton n’est pas aussi indépendant que par le passé. C’est ce que lui repochent l’ensemble des critiques négatives émises au sujet d’Alice. Hollywoodien et médiatique? Ce n’est pas faux, mais en signant avec Disney, Burton n’était forcément pas libre entièrement. C’est là le parti prit qu’il a choisi. Même si ce n’est pas le premier univers non inventé par lui de toute pièce qu’il reprend à son compte (Charlie et la Chocolaterie, Sweeney Todd…), le résultat de cette coopération se devait de mêler l’inspiration de Disney avec son génie propre. Et quoi qu’on en dise, c’est quand même bien du Burton! Dès le premier quart d’heure du film, alors qu’elle poursuit le Lapin Blanc, le thème musical de Danny Elfman (absoluement fantastique!) se met en route pour nous émerveiller tout au long de ce long-métrage enchanteur.

Le cooktail d’humour, de noirceur (certes allégée pour la cause), d’immersion désenchantée et de loufoque est bien au rendez-vous avec des acteurs de talents. Alors certes, entre Johnny Deep en Chapelier (géniallisime et méconnaissable) et Helena Bonham Carter en Reine Rouge (tout aussi méconnaissablement génialissime!), le niveau monte rapidement en flèche, mais c’est sans compter la performance surprenante d’Anne Hataway en Reine Blanche (dont le personnage fut créé initialement pour la suite du roman original de Carroll, De l’autre côté du miroir) illuminée et maniérée à l’extrème et de la jeune Mia Wasikowska, qui, loin de jouer les précieuses, offre une maturité étonnante dans son jeu. A cela, je rajouterai les personnages 3d du Lièvre et du Chat qui sont pour l’un à se tordre de rire (je ne le savais pas aussi cinglé, le bougre), pour l’autre gentiment barge mais profondément lâche et opportuniste.

Pari gagné donc pour Tim Burton? En optant pour le parti pris de l’engagement avec Disney, il a réussi. Si il avait été seul et indépendant aux commandes, il aurait certainement fait mieux. Toujours est-il que moi, personnellement, j’ai apprécié. En plus, Avril Lavigne n’est qu’au générique de fin et rapidement chassée par le thème de Elfman. Léger reproche, peut être? Un pays des Merveilles aux paysages parfois plus roquailleux que verdoyants, ça perturbe. Si on recherche le lien direct avec le dessin animé, on peut aussi tomber de très haut (même si le passage où la mémoire revient à Alice que l’on voit petit fille rencontrer le Chat dans la forêt, à la table du chapelier ou entrain de peindre les roses en rouges est merveilleux…). Un bon petit arrangement pour la Happy End aussi, pas crédible le moins du monde. Se refusant au jeune lord conformiste et idiot, elle ne verra aucun membre de sa famille s’opposer à son insolence et optiendra même du père du lord en question une place au sein de l’équipage de sa compagnie. Quand on sait comment était considérée la femme à l’époque, ce scénario là est peu envisageable.

Enfin, passons l’éponge, il est permi même au plus grands de rêver. Et pourquoi pas voir Alice et le Chapelier se séparer, le coeur serré, prêts à se faire une déclaration? Lewis Carroll disait « Si le monde n’a pas de sens, qui nous empêche d’un inventer un »? Moi, je vous assure que les lunettes 3D n’y sont pas pour grand chose.

Lumi’

Vampire: La Mascarade [Interlude]

6 novembre 2009

Alice_In_Wonderland__Hatter_by_Ninjatic

Bonjour, mes petits!

Alors, ça faisait longtemps, n’est-ce pas? Tout d’abord, j’espère que vous allez bien, bonne soirée, happy halloween avec six jours de retard. D’ailleurs, ça me fait penser que j’aurai pu faire tout un article à ce sujet mais non, flemme intense et origines de Samhain déjà évoquées dans moults blogs avortés. De toute façon, on a peur de rien, même pas d’un chapelier fou avec le pim’s fétiche du Comédien attaché à son veston, ni d’une lune noire au sourire psychotique. Pour tout dire… En attendant la troisième partie de L’Ornemaniste des cauchemars, voici un petit interlude (intégré au récit, bien entendu) pour vous remettre en jambe.

Bisous mes chéris,

Lumi’

***

L’Ornemaniste des cauchemars

Interlude

Depuis l’année de sa fondation en 1684, rue Myrha, « La Dentellière Frivole » avait toujours accueillie une clientèle nombreuse mais relativement pauvre, au vu de sa situation stratégique en plein cœur d’un bas-quartier. Fort heureusement, l’établissement avait pu s’appuyer avec confiance sur le dicton « L’appel de l’amour fait les bons payeurs », pour subsister.
Mais cette nuit-là de l’an de grâce 1833, comme c’était toujours le cas en temps d’épidémie, la tenancière Armandine peinait à joindre les deux bouts. Les habitués passaient devant ses fenêtres sans s’arrêter, entassés bêtement dans des chariots, et les voyageurs provinciaux préféraient calculer leur itinéraire en évitant à tout prix la capitale. C’était un salle temps pour les affaires et elle avait même perdu huit filles en l’espace d’un mois.
Heureusement, elle pouvait encore compter sur des clients vivants et généreux de surcroit. Gaspard Horvath était de ceux-là. Dès qu’elle le vit partir aux bras de la jolie Mirabelle, son sourire outrageusement accentué par des couches entières de mauvais rouge à lèvres, s’étira à l’idée de la prometteuse entrée d’espèces sonnantes.
Aussi, quand un cri déchirant s’éleva de l’alcôve concernée, c’est terrifiée qu’elle quitta sa caisse pour y accourir, accompagnée par la moitié de la salle commune.
_ Monsieur Horvath, tout va bien?
Pas de réponse. C’est seulement après un second appel qu’il ressortit en titubant, blanc comme un linge. Sous les regards anxieux ou paniqués, il tira de l’une des poches de son costume un mouchoir de tissu blanc pour se couvrir la bouche, prêt à vomir.
_ Ma Dinette, tu viens de perdre un client.
Il désigna du pouce l’intérieur de la chambrette. Ce que la maquerelle et quelques courageux découvrirent fut la cause des fréquentes insomnies dont ils se plaignirent par la suite. Mirabelle gisait au sol, nue, ses grands yeux verts révulsés fixant l’assemblée d’un effroi accusateur. De sa bouche grande ouverte crispée s’échappait une purée blanchâtre. Son corps restait figé dans sa dernière convulsion.
Gaspard perdit l’équilibre et se rattrapa tant bien que mal à une table basse. Alors que tout le monde se dispersait en hurlant à la maladie, la bougie, plus retenue par son support branlant, chuta.
Il est surprenant de constater combien le feu peut rapidement se répandre du plancher aux rideaux et contaminer les boiseries.
 Durant l’incendie de La « Dentellière Frivole », Emeline dormait à poings fermés. Elle ne su tout que le lendemain.